Aujourd’hui, je me penche sur un thème qui fait parler bien des cavaliers, la souplesse du cheval ! C’est un domaine important, un cheval qui n’est pas assoupli va plus rapidement avoir des problèmes au niveau de son système locomoteur, se mettre à boîter, bref, s’y intéresser c’est avoir une vision préventive de sa forme physique et de sa santé…

Comment savoir si j’ai un cheval souple ? Lorsque l’on trouve son cheval raide, les solutions sont d’appeler un ostéopathe, de varier le type de travail, d’insister sur certains exercices de gymnastique, de prendre conseils auprès d’autres cavaliers, d’appeler un vétérinaire et de faire des examens…

La souplesse du cheval; de quoi est-il question ?

Je vais parler de moyens “simples” à mettre en oeuvre pour tous. En tant que cavalière, puis ostéopathe (d’un point de vue chronologique), je peux dire que ma vision des choses a bien évoluée au fur et à mesure de mes études puis de ma pratique équestre et ostéopathique… En fait, il y a un lien logique entre équitation et ostéopathie. C’est tout simple, cette relation, c’est le mouvement ! Celui des structures physiques, du système locomoteur. Voilà pourquoi ostéopathie et équitation sont des interlocuteurs privilégiés 😉

Tout le monde semble être d’accord pour dire que pour fonctionner harmonieusement sous la selle, le cheval a besoin d’acquérir un certain degré de souplesse.

Le hic, c’est que les moyens à mettre en place pour atteindre cet objectif sont variables en fonction des besoins de chaque cheval. Et on entend beaucoup de choses et leur contraire !…

Pourquoi ?

  • Simplement parce que chaque cheval a ses points forts et ses points faibles et qu’il faut les connaître et les comprendre
  • Du coup, chaque façon de travailler le cheval ne produit pas toujours les mêmes effets, les mêmes progressions, ni les mêmes problèmes !
  • Le matériel utilisé (selle, mors, enrenements, etc), le poids du cavalier, la qualité de sa sensibilité et de son équitation…
  • A la base, l’équitation est empirique, ses connaissances sont issues de la tradition et d’un certain pragmatisme. Même si aujourd’hui, des études scientifiques existent et permettent de rationaliser certains aspects, il n’en demeure pas moins que certains pratiquants de l’équitation ne se remettent pas en question sous prétexte “qu’on a toujours fait comme ça !…”
  • Du point de vue de l’ostéopathie, on préfère s’attacher à des connaissances issues de la biomécanique, la physiologie et l’anatomie. Ou encore, observer les pratiques équestres en les analysant sous ces différents angles afin de dégager une cohérence du point de vue de l’analyse du mouvement.

Je mettrai “à part” les grands écuyers. Leurs écrits relèvent davantage de la recherche d’un art que de la compréhension d’une science du cheval. Leur quête est le geste juste, la pureté, la technique, la compréhension de l’animal dans son essence et la perfection technique et sensible du cavalier. On dit de Baucher ou d’Oliveira qu’ils faisaient de l’ostéopathie, de la kinésithérapie à cheval, et c’est vrai…

Seulement voilà !  Pour en arriver là, il faut passer sa vie à cheval ou presque, dédier sa vie au cheval et à la pratique de l’équitation. Ces écuyers font partie d’une petite minorité face à la majorité des cavaliers qui montent sur les chevaux quelques heures par semaine pour se faire plaisir ! Comme vous, comme moi ;-)…

Eh oui, le “modeste cavalier” qui monte une heure par jour à cheval et parfois moins ne peut pas maîtriser l’art équestre. S’en inspirer, se remettre en question oui bien sûr, mais viser la perfection, c’est plus compliqué… Par contre, il peut avoir des connaissances de base pour créer une relation de confiance avec son cheval, éviter de lui nuire physiquement sans le vouloir et se faire plaisir tout simplement avec un cheval bien dans sa tête et dans son corps 🙂

Cela vous intéresse ? Personnellement, je rêve d’un univers équestre ou chacun peut se faire plaisir dans la relation avec le cheval, tout en le respectant et lui facilitant sa vie de “cheval monté”, un vaste programme mais ça vaut le coup pour le couple cavalier-cheval… C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’écris ici 😉

La bonne nouvelle, vous le savez, c’est que chacun peut à son niveau progresser, s’améliorer dans sa pratique et surtout respecter et faire progresser le cheval. Le rendre plus souple fait partie des objectifs à atteindre. Oui mais comment 😉

Prenons l’exemple des assouplissements en gymnastiquant les chevaux avec des exercices latéraux. Posons-nous la question de savoir si le fait qu’untel fasse une vraie épaule en dedans, dans les règles de l’art, au sens où La Guérinière l’a définie ou une épaule en avant est fondamental ?

Aie je pense que certains ne vont pas apprécier! Je tiens juste à séparer deux débats: celui entre les puristes de l’art équestre et celui d’une approche respectueuse et “simplifiée” applicable par le plus grand nombre dans le but d’avoir un cheval souple, bien dans son mental et avec son cavalier ! C’est la base non ?

Pour le cavalier qui souhaite simplement développer la souplesse de son cheval, la distinction entre l’épaule en dedans ou en avant est-elle si importante ?

Heureusement, on peut améliorer la souplesse du cheval en faisant des exercices beaucoup plus simples 😉 L’éthologie et le travail à pied ont le mérite d’avoir permis de “démocratiser” et de mettre à disposition des exercices à la portée de tous.

Après ce temps pour “planter le décor”, maintenant venons en aux faits.

Qu’est-ce qu’un cheval souple ?

Entrons dans le vif du sujet. Tout d’abord, précisons que chaque cheval a son propre degré de souplesse tout comme nous.

D’autre part, chaque être vivant a un côté plus développé. Si vous êtes droitier vous êtes plus fort à droite qu’à gauche. Rien que cela va construire le corps d’une certaine manière et induire des asymétries naturelles.

A force de travailler sur des bases asymétriques, le corps (muscles, os, ligaments) force davantage, et travaille de façon différente selon les zones. C’est ainsi qu’il se construit de façon asymétrique.

Avec le temps, des blocages ostéopathiques et des remaniements des structures physiques (arthrose, distension, fibrose de tissus) se mettent en place…

C’est là que les douleurs physiques s’installent insidieusement et le cheval devient de plus en plus raide au fur et à mesure du temps qui passe ! Là, ça se complique, et parfois c’est trop tard pour revenir en arrière.

Comment faire?

Ne pas attendre que les problèmes s’installent et mettre en place de manière raisonnée et régulière des exercices, des jeux, une gymnastique, un travail qui vont permettre d’assouplir le cheval de manière à optimiser son potentiel physique pour le garder en forme le plus longtemps possible 😉

Plutôt que de faire ici un “cours théorique”, je vous propose d’observer les éléments qui vont vous permettre de déterminer le degré de souplesse de votre cheval.

 Les exercices et les attitudes qu’un cheval souple ou plutôt assoupli peut faire

  • Croiser les postérieurs et les antérieurs en main (stretching) et aux trois allures.
  • On peut ajouter à cela l’incurvation dans le sens du déplacement et du côté opposé au déplacement (vous noterez que je n’emploie pas les termes d’appuyés et d’épaule en dedans, c’est volontaire).
  • Reculer la tête basse et en ligne droite.
  • Etre capable de se déplacer et de fonctionner correctement aux trois allures avec l’encolure orientée vers le bas, horizontalement dans l’axe du corps et vers le haut. La position de l’encolure détermine le degré de flexion et d’extension du tronc, donc des possibilités de mouvement de la colonne vertébrale, et ainsi la capacité du cheval à se rassembler.
  • En fait, plus simplement, il s’agit d’un point de vue mécanique d’avoir un cheval capable de déplacer le poids de sa masse vers l’avant-main, le centre et l’arrière-main.
  • Avoir un cheval qui met le même degré de tension ou de légèreté dans les deux rênes.
  • Pouvoir trotter sur les deux diagonaux sans ressentir que le cheval est irrégulier d’un côté, n’avance plus ou précipite selon le diagonal, “se débrouille” pour que vous soyez toujours sur le même diagonal.
  • Galope à droite et à gauche de façon similaire. Arrive naturellement à changer de pieds des deux côtés.
  • Travaille sur les cercle avec un léger pli (intérieur et extérieur) sans tomber à l’intérieur à une main et sans dévier vers l’extérieur à l’autre main. Même chose à la longe.
  • Est capable de sauter en ligne sans se décaler.

On pourrait multiplier les exemples, j’ai choisi volontairement des exemples très classiques. N’hésitez pas à en soumettre d’autres.

Que faire pour assouplir son cheval ?

Voici quelques préoccupations simples à avoir en tête:

  • Alterner le type de travail et varier les allures: plat ou dressage, trotting, liberté, extérieur, saut, etc… Bref, varier les plaisirs 🙂
  • Alterner le type de terrain sur lesquels le cheval sort: montées, descentes, plat, sol ferme, souple etc…
  • Trotter sur les deux diagonaux quelle que soit la main à laquelle on tourne. Cela évite la spécialisation et permet de travailler toutes les parties du corps de différentes manières.
  • Ne pas insister sur le côté raide. Penser à travailler les côtés droit et gauche avec des objectifs différents car ils n’ont pas les mêmes besoin. Par exemple, si un cheval s’incurve mal à droite, ne pas insister pour le plier de ce côté. Alterner le pli à droite et à gauche afin d’étirer les muscles plus courts qui ne se laisse pas étirer. Dans ce cas, si le cheval ne s’incurve pas à droite, c’est parce que les muscles gauches ne se laisse pas étirer. Vous pouvez au contraire accentuer l’amplitude du pli à gauche (côté facile) et ensuite redemander le pli à droite. Ce travail en étirement des muscles permet de progresser dans la souplesse des tissus sans forcer et de gagner de l’amplitude et un meilleur fonctionnement musculaire 😉 Si cela ne change rien, il y a certainement un blocage ou un autre problème bien installé.
  • Penser systématiquement à la récupération active après un effort pour éliminer l’acidité lactique responsable des courbatures. A force d’accumuler des courbatures, on passe aux contractures chroniques beaucoup plus difficile à éliminer. Pour cela, il existe des techniques de massages et d’étirements à pratiquer régulièrement.
  • Ne pas doucher un cheval qui a très chaud avec de l’eau très froide brutalement. les muscles n’apprécie pas les chocs thermiques. Penser à refroidir l’eau progressivement en même temps que la température corporelle.

Voilà donc quelques points fondamentaux sur ce très vaste sujet, mais un article n’y suffit pas… Le plus important est de s’y intéresser et de l’intégrer dans un but préventif et pour optimiser le confort de votre cheval. Chacun peut s’y investir de façon plus où moins importante en fonction de ses objectifs et des besoins de son cheval…

 

Vous avez envie d’assouplir votre cheval, d’avoir un programme et des conseils pour vous aider à  progresser avec lui sur la durée ?

Pour aller plus loin, j’ai envie de partager avec vous ma rencontre avec Laurent Fumet et  “le générateur de souplesse”. Etant en accord avec sa vision, je vous propose d’aller y jeter un oeil. Vous trouverez dans son étude des exercices à pied et à cheval et bien d’autres choses encore.

Pour en savoir plus sur cette approche et commencer un programme d’assouplissement pour votre cheval, il suffit de cliquer ci-dessous 

 

A bientôt 🙂

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