Dix comportements qui montrent que mon cheval a mal au dos ou d’ailleurs

En fonction des attitudes du cheval, nous sommes amenés à penser qu’il a mal au dos. Mais le problème vient-il vraiment du dos ? Voici une liste non exhaustive qui confirme l’inconfort et le mal de dos du cheval et propose des pistes fréquentes pour trouver les origines courantes de ces problèmes.

Il est également possible que ces phénomènes soient reliés à des problèmes de comportements relatifs à la relation entre le cheval et le cavalier, un manque de travail et / ou de compréhension du cheval, etc. Néanmoins, si l’attitude du cheval persiste, il y a fort à parier qu’il s’agisse d’un inconfort physique.

  • Le cheval se tient sous lui des postérieurs: problèmes et blocages du dos, pathologies au niveau des pieds des antérieurs. Sur le long terme, les deux à la fois.
  • S’il est campé, jamais carré ou soulage un membre: le dos, l’arrière-main ou une articulation d’un membre peuvent être douloureux.
  • Les allures sont étriquées, il n’avance pas, trébuche: sensibilité, pathologie des pieds antérieurs ou des tissus du membre, déséquilibre mécanique des phalanges, blocage du garrot, problèmes articulaires sur les membres postérieurs, problème d’adaptation de la selle.
  • Asymétrie à une main: problème articulaire ou cheval très latéralisé (plus fort à droite ou à gauche). Dans ce cas orienter le travail de manière à équilibrer les deux côtés. Le côté fort et résistant doit être assoupli et étiré. C’est en principe de ce côté que le cheval met le plus de poids. On peut constater dans ce cas une dissymétrie de la taille des pieds et un cheval qui met plus de poids dans la rêne du côté concerné. Pour le côté plus faible et plus souple, il faut le renforcer en demandant au cheval de remettre du poids sur les membres concernés. Certains chevaux sont très asymétriques naturellement. Si le travail ou l’entraînement ne corrige pas cette problématique, il peut devenir irrégulier ou boiteux assez tôt en raison de contraintes trop importantes car mal réparties sur les quatre membres. Dans ce cas, les maux de dos et blocages, les problèmes articulaires sur un membre, un pied, etc vont se cumuler en chaîne. Le matériel utilisé peut être en cause (mors et selle inadaptés).
  • Creuse  le dos au pansage, se soustrait à la pression des mains, réaction au sanglage: généralement il s’agit d’une douleur ou d’une sensibilité plutôt localisée sur la colonne. Attention, certains chevaux sont plus sensibles que d’autres à certains contacts. Il faut donc évaluer les réactions dans leur ensemble et en fonction de l’individu pour avoir une idée juste. Un pur sang ne réagit pas comme un demi sang ou un trait ! Un cheval qui creuse le dos sous la pression d’une main est normal s’il ne cherche pas à la fuir. Cela veut dire que son dos peut encore bouger puisqu’il doit pouvoir se fléchir et s’étendre, c’est donc une bonne nouvelle ! En revanche s’il fuit le contact ou se creuse en anticipant la pression, c’est qu’il y a une sensibilité plus nette, une crainte (mémoire), voire une douleur… Les raisons de ce comportement peuvent être mis en rapport avec des problèmes de dos et des blocages (musculaires et / ou articulaires), des problèmes d’adaptation du travail, une selle mal adaptée, un cheval qui ne supporte pas le contact trop dur d’une étrille en fer, etc…
  • Défenses à la jambe, ruade des postérieurs, se traverse, fouaille de la queue, ne se tend pas: douleur au niveau des viscères digestifs, douleur musculaire ou articulaire du dos lors des demandes d’incurvation ou d’engagement, blocage des charnières thoraco-lombaire et / ou lombo sacrée qui perdent en possibilité d’amplitude de mouvement. Pour les juments, il peut s’agir de douleurs ovariennes, pour les hongres d’adhérences de la cicatrice de castration, et pour les entiers, un cordon des testicules…
  • Défenses à la main, refus du contact: problème d’asymétrie (cf ci-dessus), mors non adapté à la conformation de la bouche du cheval, problèmes de dents et / ou d’équilibre dentaire avec « déformation associée » de l’articulation de la mâchoire, blocage de la charnière C0/C1 (tête et première cervicale). Mais aussi, points de pression causée par la selle. Il faut également chercher au plus vite la cause du problème car des réactions de compensation se mettent en place dans le temps sur l’ensemble du corps de l’animal.
  • Embarque après l’obstacle, fuit à la réception: douleurs dentaires, mors inadapté, peur de la reprise de main, douleur et blocage de la colonne vertébrale et crainte « d’encaisser » le poids du cavalier à la réception, douleur d’une articulation d’un membre…
  • Sur l’oeil, fait demi tour, réactions brusques: blocages vertébraux de la région de la nuque, blocages des sutures du crâne qui entraînent des pressions dans la boîte crânienne, troubles de la vision, problèmes de blocages et d’équilibre de la mâchoire, l’ATM (articulation temporo-mandibulaire). Un déséquilibre de l’ensemble de cette zone (ATM et crâne) entraîne des réactions adaptatatives à distance en chaîne dans le temps sur l’ensemble du squelette du cheval et de son fonctionnement. Cela peut réduire à néant tout travail qui vise à la rectitude de l’animal.
  • Ne veut pas donner un pied: pour faire simple, il y a deux possibilités. Soit c’est la flexion des articulations du membre que l’on veut prendre ou une région du dos dans son prolongement qui est responsable, soit, c’est le fait de reporter davantage de poids sur le membre qui reste à l’appui qui est douloureuse. Dans ce cas, nimporte quelle zone peut également être touchée, les articulations du membre comme celles de la colonne vertébrale.
  • Tout problème dans les allures et les transitions: les articulations des membres et de la colonne vertébrale, les pieds, les dents, le matériel (selle, mors, etc)…
  • Tout déséquilibre mécanique, toute faiblesse structurelle des tissus qui constituent l’ensemble du pied / sabot du cheval sera compensé à distance par d’autres structures corporelles. Nous avons évoqué ci-dessus des manifestations courantes qui peuvent être en rapport avec des pathologies podales.  Ces dernières vont modifier leur physiologie en s’adaptant et réduire le potentiel physique du cheval plus rapidement. Tout le monde connaît le célèbre dicton « pas de pieds, pas de cheval » ! Il prend ici tout son sens.

Que retenir ? Certains soins à ne jamais négliger…

L’équilibre du squelette et des tissus est complexe, tout est inter-relié. Par exemple, s’il y a une contracture au niveau d’un muscle de l’épaule suite à un travail et que l’on ne s’occupe pas du retour à la souplesse de cette structure, le train est en marche… Une épaule raide va transmettre à distance son inconfort: aux tendons, aux vertèbres, aux autres articulations. Finalement, l’ensemble du schéma corporel se trouve modifié et s’adapte jusqu’à la perte d’élasticité et d’extensibilité des tissus conjonctifs (muscle, tendons, ligaments), ainsi l’irrégularité et la modification des structures apparaissent, puis plus tard la boiterie arrive, voire l’irréversibilité d’une pathologie… Tout était en place pour en arriver là.

Le professeur Leriche, un médecin disait « la pathologie évolue dans le silence de la physiologie »… Voilà ce qu’il faut garder en tête, le moindre dysfonctionnement que l’on méprise souvent car il nous semble insignifiant au départ est le premier maillon d’une chaîne que l’on ne peut pas toujours remonter lorsque l’on intervient tardivement. Entre le moment où l’on peut encore intervenir soi-même ou en massage, stretching, ostéopathie, dentisterie, podologie / maréchalerie et l’opération chirurgicale, on a du temps pour repartir sur le bon chemin. En avant, calme et droit, malheureusement, ce temps n’est pas extensible indéfiniment 😉

Dans les pré-requis pour donner aux chevaux les meilleurs atouts pour être équilibré physiquement, certaines choses ne doivent jamais être négligées.

  • Faire contrôler les dents tous les ans tant pour conserver l’équilibre du squelette que pour le confort du cheval au quotidien (manger sans avoir de douleurs) et au travail. Une bonne relation avec la main du cavalier est essentielle pour préserver le mental et le physique. 
  • Il en est de même pour les sabots, les pieds nus (dits naturels) doivent être entretenu paré régulièrement pour conserver l’équilibre mécanique des phalanges. Je le précise car pour ceux qui font appel à un maréchal ferrant, parfois le fameux naturel n’est contrôlé que deux fois par an. Dans ce cas, les pieds se déforment la plupart du temps (sauf conditions de vie idéale) et c’est bien à cause d’un manque d’entretien. Pour ceux qui confient les pieds de leurs chevaux à un podologue, ces notions sont expliquées dès le départ. Les délais que le cheval soit pieds nus ou ferrés se situent entre deux semaines (entretien) et quatre à sept semaines (parage ou ferrage) selon la saison, les individus et leurs particularités. 
  • Pour ceux qui sont ferrés, huit semaines est souvent trop long. D’ailleurs en général, à ce stade, la corne dépasse souvent d’une partie du fer, le fer a tourné et les clous ressortent. Le pire est d’attendre que le cheval se déferre tout seul. En ne respectant pas ces délais, le moment où une pathologie de pied va se mettre en place se rapproche beaucoup plus vite avec une facture vétérinaire souvent très salée 😉   
  • Enfin, une visite ostéopathique annuelle est un minimum pour vérifier l’ensemble de la mécanique du cheval. Cela permet aussi de repartir avec des prescriptions personnalisées adaptées au cheval pour le garder en forme tout en optimisant son équilibre général. Si le cheval est sollicité d’un point de vue sportif, le suivi gagne a être plus régulier pour viser la performance et pour prévenir les problèmes inhérents à toute pratique physique. 
  • Il va de soi que l’ensemble de ces professionnels doivent pouvoir travailler ensemble ainsi qu’en collaboration avec le vétérinaire pour aller dans le sens du cheval 🙂

Pour aller plus loin, vous pouvez lire masser les points de tension du cheval, pratiquer un exercice simple pour détendre et mobiliser la colonne vertébrale et compléter en lisant cet article sur l’ostéopathie équine. Il y a également des articles sur  le stretching qui peuvent être complémentaires pour vous aider à détendre vos chevaux.

Racontez dans les commentaires ci-dessous, les petits maux de vos chevaux avant qu’ils ne deviennent plus compliqués et qu’un retour à la normal soit difficile, voire impossible. Après tout c’est l’idée de ce blog, proposer à tous des moyens naturels applicables par tous pour garder nos animaux en forme.

 

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